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Projections n°26
les publics

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ÉDITO

Dans ce dernier numéro de l'année 2007, nous avons choisi de parler des publics. Pas en termes quantitatifs, comme le fait le milieu cinématographique, mais en essayant de dégager quelques réflexions sur les manières dont le public s'empare des différentes propositions cinématographiques et dont les professionnels regardent tous ces publics. Replacer le public au centre des actions d'éducation à l'image nous semble être un axe de travail vers lequel chacun d'entre nous devrait se diriger pour ouvrir nos choix vers d'autres horizons que ceux du box office ou des phénomènes de mode. Ces réflexions participent d'une volonté de s'engager plus à fond vers ceux qui ont des difficultés d'accès aux pratiques cinématographiques. En prolongeant les actions entreprises, il faut imaginer encore de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux lieux de projections, de nouveaux réseaux ou relais qui permettront de ne pas laisser certains de côté. Le chemin est ardu, et sans aucun doute, nous ne sommes pas arrivés au bout de nos peines, tant la “fracture” est profonde. Pourtant, en s'engageant dans ce combat, il semble évident qu'il s'agit bien d'un acte citoyen. Offrir les nombreuses créations à disposition de toutes les populations n'augmentera pas les quotas de public, mais permettra à certains de mieux se situer dans notre société, de grandir en se confrontant à l'art, de se forger des personnalités autonomes et critiques. Restons simplement dans une dimension humaine !!
Même si nous souhaitons rester optimistes en continuant notre passionnant travail de recherche, les nouvelles pour l'avenir ne sont pas très réjouissantes. Les baisses de crédits annoncées pour 2008 dans les Directions régionales des affaires culturelles (Drac) laissent à penser que l'éducation à l'image hors temps scolaire et la diffusion culturelle (en premier lieu les festivals) vont avoir beaucoup de mal à se développer.
Ces deux secteurs, déjà très sinistrés, devront se retourner vers les collectivités locales, elles-mêmes pas très heureuses de se retrouver avec ces nouvelles responsabilités, sans transferts de crédits. Il faudra aussi se poser la question de l'équilibre du territoire et de l'égalité de traitement de toutes les populations. Sans politique nationale accompagnée de moyens financiers, il sera bien difficile d'offrir les mêmes propositions artistiques et éducatives à tous sur tous les territoires. Tout cela est d'autant plus préjudiciable que les sommes en jeu ne sont pas importantes au regard des budgets des actions, mais elles ont un pouvoir incitatif très fort et permettent de favoriser un véritable travail qualitatif. Nous attendons les arbitrages budgétaires de la fin de l'année, mais nous souhaitions évoquer l'importance de ces apports financiers qui ouvrent ce travail de partenariat nécessaire pour que le hors temps scolaire ou le périscolaire ne se cantonnent pas à l'occupationnel ou au loisir.
Ni l'un ni l'autre ne sont à mépriser, bien au contraire. Nous savons tous maintenant que les chemins du développement et de l'éducation ne sont pas uniques, mais qu'ils s'enrichissent par des propositions diversifiées, dont celles des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel.
FRANCOIS CAMPANA

Mur, murs

ACTUALITÉS

Du 9 janvier au 23 mars 2008, “D'une prison l'autre”, programmation artistique sur le thème de l'enfermement se déroulera dans trois lieux culturels d'Île-de-France : Confluences, le Collectif 12 et la Friche Anis Gras. Conjuguant théâtre, films, photographie, elle entend interroger le système carcéral sur lequel se fondent nos sociétés.


Les médias de masse et leurs publics

RÉFLEXION

Envisager de penser la notion de public, c’est convoquer un territoire complexe aux accents pluriels, un cadre de perception à géométrie variable constitué par des auditoires aux identités fort différentes. Le champ des études théoriques consacré à la réception nous enseigne que le public en tant que tel n’existe pas, qu’il n‘est qu’un “signifiant vide” qui s’incarne dans une multitude d’expériences irréductibles dont le sens et la physionomie ne s’éclairent qu’à l’aune de facteurs sociaux comme le genre (féminin, masculin), la classe d’âge ou encore l’origine sociale ou ethnique.


Action culturelle et publics en difficulté

ENQUETE

Le terme de “publics empêchés” (ou “éloignés”) désigne “toutes les personnes qui n'ont pas accès à la culture pour des raisons économiques, culturelles ou sociales, de maladie ou de situation géographique” déclare Ariane Salmet, Chef de la Mission du développement des publics (MDP) au sein de la Délégation au développement et aux affaires internationales (DDAI). La DDAI est chargée des politiques interministérielles envers les publics en difficulté : chômeurs, sans domicile fixe, personnes détenues, malades, personnes handicapées, personnes âgées, habitants de quartiers populaires ou de zones rurales...

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Des images pour nouer des liens

ENTRETIEN

La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) prend en charge des jeunes placés sous main de justice : intervention et suivi en milieu ouvert, hébergement en foyer ou en famille d’accueil, placement en détention. Oeuvrant dans une visée éducative, d’intégration et de restauration du lien social, elle propose différentes actions culturelles, dont certaines, comme “Des cinés, la vie !”, sont axées sur le cinéma.
Entretien avec Frédéric Phaure (Directeur de service, en charge de l’action éducative auprès des mineurs détenus, Direction de la Protection judiciaire de la jeunesse).


"Glossolalie" hollywoodienne

RÉFLEXION

Le cinéma classique hollywoodien reposait sur un cloisonnement – jamais complètement étanche, certes – des différents secteurs de son public, d’où la répartition systématique de sa production en genres divers : si le western s’adresse à un public majoritairement masculin, la cible privilégiée du mélodrame serait les spectatrices.


La critique de cinéma aux mains des internautes

RÉFLEXION

Le rapide développement des blogs sur Internet a mis l’intime et le personnel sur la place publique. Support idéal pour commenter et faire partager son quotidien, ses envies, ses coups de cœur et ses déceptions, le blog fait une large place à la critique ciné amateur.


Le teen movie : construction d'une jeunesse

ANALYSE

Le “teen movie” (“film d’adolescent”) est l’un de ces genres où il existe une coïncidence entre les personnages qu’il met en scène et le public qu’il vise en priorité. Pilier des produits culturels destinés aux adolescents, le teen movie est également un élément essentiel des représentations, diffusées internationalement par l’industrie hollywoodienne, de la société américaine.


Séance tous public

EXPÉRIENCE

Le cinéma, pratique déjà bien peu accessible aux personnes handicapées physiques, exclut aussi les personnes autistes, souffrant de handicaps mentaux et polyhandicapées. Pour celles-ci, l’association “Ciné-ma différence” a mis en place des projections, ouvertes également au public valide.

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©KYRNÉA International - décembre 2007 - www.passeursdimages.fr