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Projections n°21 |
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ÉDITO C’est une évidence de constater que le monde actuel évolue très vite et que la jeune génération, née avec Internet, regarde beaucoup d’images. Mais, est-elle aussi naïve et influençable que le pensent certains adultes ? |
Des débuts à Cognac-Jay à la télévision d’aujourd’hui et de demain
Il est de bon ton aujourd’hui de stigmatiser la fiction télévisée française, en particulier les séries et feuilletons, par comparaison d’une part avec les séries télévisées américaines (USA) et d’autre part avec le cinéma d’auteur français. Et il est vrai que le conformisme narratif et idéologique de Navarro et Julie Lescaut (TF1) ou de L’Instit et autres Docteur Sylvestre (France 2) ne plaide pas en faveur de l’inventivité et de “l’authenticité” de la création télévisuelle française. Pourtant, si l’on essaie d’aller au-delà de cette condamnation en bloc, pour mettre à jour la généalogie de la fiction télévisée française et sa place dans le paysage français des productions culturelles aujourd’hui, apparaissent des spécificités qui permettent de comprendre à la fois le succès non démenti de ces séries auprès des téléspectateurs français (elles s’exportent difficilement) et leur relative “timidité”.
Il est courant de résumer la relation entre les jeunes et les médias, sinon les jeunes et les écrans, par la description de rapports existant entre jeunes et télévision. Cette approche, biaisée, est liée au poids de la télévision dans la société, que ce soit en matière de distraction, de formation, d'éducation, d'ouverture, ou encore dans les réflexions en matière de santé publique à propos de la sur-pondération - sinon l'obésité - croissante des jeunes.
En 1940, dans un célèbre film, Orson Welles s’en prenait au “super-pouvoir” de Citizen Kane (en réalité, le magnat de la presse du début du XXe siècle William Randolph Hearst). Pourtant, comparé à celui des grands groupes mondiaux d’aujourd’hui, le pouvoir de Kane était insignifiant. Propriétaire de quelques journaux de presse écrite dans un seul pays, Kane disposait d’un pouvoir nain (sans être pour autant dépourvu d’efficacité à l’échelle locale ou nationale) face aux archipouvoirs des mégagroupes médiatiques de notre temps.
La télévision est une composante incontournable des sociétés modernes, témoin sa troisième position dans les occupations quotidiennes des jeunes après le sommeil et l’école. L’on s’interroge alors sur leur réaction devant cette déferlante d’images et de sons mêlés, de plus en plus facilement accessibles, du fait de la multiplication des chaînes de télévision. Alors que des voix d’adultes s’élèvent chaque jour pour dénoncer les effets supposés néfastes de la télé, les propos que tiennent certains jeunes battent en brèche ces idées reçues.
Située dans l’entourage du président des Etats-Unis, A la Maison Blanche (The West Wing) est une série de la chaîne NBC qui prit fin en mai 2006 après sept ans de succès populaire couronné d’une pléthore de prix et de louanges émanant de critiques, de spécialistes en science politique et même d’anciens présidents.
[...] “J’ai eu envie de me confronter à ces interdits, d’entrer en relation avec ces jeunes et de voir s’il y avait vraiment des raisons d’avoir peur, ou si c’était du fantasme, juste la peur de l’autre, de l’étrange étranger”... |
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©KYRNÉA International - cinévillle - ovtobre 2006 - www.etecine.kyrnea.com |
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