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Projections n°20
la banlieue : un enjeu de représentation

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ÉDITO

Banlieue et cinéma, Honni soit qui mal y pense !
La scène se déroule à la sortie d’un cinéma de banlieue après une séance spéciale. Le film était supposé parler des jeunes dans leur milieu, sans finalement savoir où. Des protestations fusent de toute part.
Beaucoup se sont offusqués du traitement qui était fait, et des jeunes, et de ce milieu. Bizarre ! Drôle de profondeur de champs où le point est quelque peu faussé. C’est le contour qui domine mais sans jamais réellement être au centre. L’impression d’un point de vue toujours en marge.
Il est vrai que quelques mois après les émeutes, les jeunes sont désormais nombreux à veiller à ce que l’on respecte leur image, à contrôler eux-mêmes leurs appellations trop souvent récupérées à mauvais escient.
Un jeune, assez énervé, interroge son animateur : Hè ! Mais de qui y parlent ces mecs-là ?
L’animateur, assez embarrassé : Ben, des jeunes quoi…
Le jeune, toujours énervé : Heu, c’est quoi ces portraits ? Vas-y, ils sont à l’ouest ! Sur la vie, j’ai la haine, comment ils nous représentent ! C’est de la caricature grave !
C’est pourtant si vrai. Ces caricatures, ces stéréotypes où l’on présente un milieu qui se lézarde avec des jeunes “bord cadre”.
La fiction dépasse une réalité qui a son tour court après l’excès.
Qui a mené des actions audiovisuelles dans les cités de banlieue et n’a pas entendu dialogue du même acabit !
Banlieue et cinéma sont irrémédiablement des “faux amis”. Ils se fixent des rendez-vous de plus en plus fréquemment, mais se ratent la plupart du temps. La même sémantique les caractérise, mais ils restent résolument éloignés : le traitement, la caricature, le cliché ! On fait un long métrage dès que quelques bruissements se font entendre là-bas, à quelques lieues de la vraie ville, là où les gens sont honnis, et souvent tout simplement bannis.
Puissent les prochains scénarii parler un peu plus cinéma et un peu moins banlieue. Non pour “l’ellipser” de la scène, mais pour la démythifier. Histoire que le rendez-vous au tas de sable devienne réalité.

PARFAIT DOUDY

"Différences de perceptions"

ENQUETE

Face au mur de désinformation qui empile indéfiniment la même brique (banlieue = feu), des habitants de tous âges, aidés de réalisateurs-intervenants, prennent la caméra pour se réapproprier l’image de leur quartier, pour dire et montrer autrement la banlieue. En voici quelques exemples, parmi beaucoup d’autres.

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Décidément, ces gens là ne sont pas comme nous

FACE À FACE

La Squale (F. Genestal, 2000) et Samia (P. Faucon, 2000) partagent le même postulat : les femmes des couches défavorisées issues de l’immigration subissent la domination brutale des hommes de leur milieu. Ces deux longs métrages appartiennent à une famille de films français qui affiche son intérêt pour le quotidien des “petites gens”, prolétaires, marginaux ou immigrés. Or, leur construction dramaturgique n'a de cesse de générer chez le spectateur un sentiment d'extériorité...


En quête du réel !

ENTRETIEN

Compagnon de route du mouvement hip-hop auquel il a consacré trois films, Jean-Pierre Thorn est un cinéaste engagé qui rêve de ciné-opéra et de comédie musicale. Lorsqu'il aborde l'espace sur-médiatisé des banlieues, il progresse à la marge de l'imagerie dominante qualifiant ces territoires urbains. Rencontre avec un cinéaste pour qui Oser lutter oser vaincre (1968), le titre de son premier long métrage, est moins un mot du passé, qu'une éthique politique.


La guerre de l'imaginaire

ÉTUDE COMPARATIVE

[...] Le cliché est le principal argument de vente du film réalisé par Mathieu Kassovitz. Cependant, Kassovitz développe dans La Haine ce que l’on peut identifier comme un projet de “mise en scène modélisée” de l’imaginaire des banlieues, qui aboutirait à une sorte de “supra-stéréotype”...


Clichés et déconstructions

TRIBUNE

Confortant ou prenant à rebrousse-poil les clichés, situés en sous-sol ou à l’air libre, optimistes ou inquiétants, les clips de rap et R&B français proposent des représentations plus ou moins directes de la banlieue.


Un artiste engagé face à la réalité

EXPÉRIENCE

Art et ateliers, documentaire et poésie, humour et réflexion sociale : Sébastien Taillefer bouleverse les catégories établies dans des œuvres co-réalisées avec les habitants d’Albi et de Toulouse.


Liberté, égalité, zidanité

IMAGES

[...] un spot publicitaire où figure le capitaine de l’équipe de France : une publicité pour l’opérateur de téléphonie mobile Orange (réalisée par Pitof), dont la sortie coïncida avec la Coupe du Monde 2002 se déroulant en Corée et au Japon...

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©KYRNÉA International - cinévillle - juin 2006 - www.etecine.kyrnea.com