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Projections n°15 - images et justice |
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ÉDITO Depuis la création de Projections, nous avons toujours publié des informations relatives aux différentes lieux et cadres d’interventions des actions culturelles cinématographiques ou audiovisuelles. Il était donc normal qu’à l’occasion d’un dossier, nous évoquions de façon plus détaillée le travail autour de l’image en milieu carcéral. Loin de nous l’idée d’être exhaustifs ou même polémiques en évoquant les difficultés ou les manquements des uns ou des autres. Ce milieu est, par définition, particulier, les actions entreprises bien souvent ignorées ou mal perçues. C’est pour cette raison nous avons choisi d’évoquer des expériences différentes afin de réfléchir sur nos pratiques et de soulever quelques remarques pour ouvrir de nouvelles pistes. Le montage de projet, ici plus qu’ailleurs, est une affaire de personnes. Il faut souligner le mérite de tous ceux qui permettent d’aboutir à une réalisation, un atelier de pratique, une projection, une rencontre... Les blocages sont nombreux, et pas seulement administratifs. Au-delà des difficultés, d’autres questions se posent et interpellent ceux qui s’interrogent sur leurs pratiques dans quelque milieu que ce soit : s’agit-il de filmer “la” prison, de filmer “en” prison, de filmer “sur” la prison ? La gestion du temps est importante : que faire du temps imparti dans un espace où il est lent, mais aussi très précieux ? Comment filmer “l’autre” : dans un endroit où tout le monde se regarde, où l’un surveille l’autre et où l’autre sait que quelqu’un le regarde. Comment montrer les choses tout en respectant le droit à l’image ? De très nombreuses questions restent en suspens et nous espérons que ce numéro permettra de les mettre à jour. Il n’a pas été facile pour nous de réaliser ce dossier. C’est pourquoi, nous tenons à remercier ceux qui ont accepté de nous faire partager leurs expériences. Sans aucun doute, nous avons tous en commun l’idée que l’art et la culture, le cinéma et l’audiovisuel, sont de formidables outils de socialisation, d’apprentissage et/ou de plaisir. Les récits que nous avons recueillis en sont la preuve. FRANÇOISCAMPANA |
La raison du plus fort, un film de Patric Jean
Donner la caméra à des détenus, introduire le cinéma en prison : une démarche récente porteuse de multiples enjeux.
Portrait de Anne Toussaint, réalisatrice
Pendant deux ans, des étudiants de Sciences Po Paris sont venus à la Santé rencontrer des détenus. Construit autour de la question des images et de l’acte de voir, l’atelier “En quête d’autres regards” de la Santé a abouti à la création de films expérimentaux. Projetée lors de la dernière édition des Écrans Documentaires d’Arcueil, la première version de Fragments d’une rencontre d’Anne Toussaint est une suite de quatre tableaux où se confrontent les regards des étudiants et des personnes détenues autour d’images produites. En filmant l’élaboration des images sous nos yeux, grâce à la mise en abyme des films dans le film et à ces allers-retours entre filmeurs, films et filmés, Fragments d’une rencontre créé un véritable tourniquet des regards. Peu à peu, par touches, des subjectivités et des imaginaires prennent forme.
La Maison d’arrêt de Chartres a accueilli durant l’été 2004 un atelier de scénario animé par le scénariste et réalisateur Frédéric Videau (Variété française).
À travers les ateliers audiovisuels du centre pénitentiaire des Baumettes, Lieux Fictifs met en œuvre la capacité des images (vidéo, photographie) à relier l’intérieur et l’extérieur, l’individu et le collectif. Rencontre avec la responsable de l’association, la réalisatrice Caroline Caccavale (L’épreuve du vide).
En avril 2004, la MJC Aliénor d’Aquitaine organise des projections de courts métrages à la Maison d’arrêt de Poitiers. Sollicitée par la médiatrice culturelle du SPIP 86, qui connaissait le travail de la MJC dans le cadre d’École et cinéma et “un été au ciné”, la MJC a proposé de montrer des films d’atelier réalisés dans le cadre d’“un été au ciné”.
Jean-Jacques Cantegrel est le Directeur du SPIP 13, qui travaille en collaboration avec Lieux Fictifs au centre pénitentiaire des Baumettes.
Vingt ans après l’entrée de la télévision dans les prisons françaises, le canal interne reste un outil sous-employé.
Des ateliers vidéo conduits par l’association “Question de regard” mettent en relation des adolescents du Centre de jeunes détenus de Fleury-Mérogis à des groupes de jeunes scolarisés de l’extérieur.
Parmi les différents publics que l'association Hors Cadre a inscrit au cœur de sa démarche de développement culturel, les publics placés “sous main de justice” tiennent une place particulière. Les actions menées avec les personnels et les jeunes de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) ont été à l'origine de profondes modifications des modes opératoires qui étaient précédemment à l'œuvre, notamment dans le cadre d'“un été au ciné - cinéville” que Hors Cadre déploie depuis 1994 dans le Nord Pas de Calais.
La loi du 1er août 2003 modifie considérablement le système du mécénat en France. Elle ouvre les portes des financements privés à toutes les structures d’intérêt général et offre une place particulière aux structures associatives de spectacles vivants et de cinéma. |
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©KYRNÉA International - cinévillle - juillet 2005 - www.etecine.kyrnea.com |
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