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L’histoire. Des zoos et des hommes raconte par la forme d’un essai documentaire, le parcours initiatique d’un jeune homme de 20 ans qui découvre, à travers ses pérégrinations dans Paris, les stigmates d’une mémoire coloniale tronquée. Par l’intermédiaire des bribes d’informations qu’il collecte notamment grâce aux entretiens d’éminents historiens, notre personnage se confronte aux mécanismes ambigus de la construction de notre imaginaire collectif. A partir du Jardin colonial de Vincennes qui fut jadis un zoo humain, le film propose une déconstruction de ce premier regard faussé porté sur l’autre, qui continue aujourd’hui de distiller son poison.
À propos du film. Un essai documentaire qui évolue autour des héritiers du colonialisme (descendants de colonisés et de colonisateurs) et plus particulièrement autour de la question : peut-on vivre, nous héritiers de l’Histoire, sans le discours de l’absent ? Car s’il est coutume de dire que les morts sont les racines du vivant alors, nous, héritiers du colonialisme, enfants de colonisés sur le sol des enfants de colonisateurs, ne sommes probablement qu’à moitié vivant tant la voix de nos morts est inaudible.
Pour diminuer autant que possible le problème que pose le regard d’un humain sur un autre humain, il conviendra en premier lieu de présenter à l’écran, l’équipe du tournage et de production (techniciens, acteurs, producteur, réalisateur).
Par ce procédé classique du "qui est qui" et du "qui fait quoi", nous tenterons d’intégrer le spectateur à notre quête, de façon à ce qu’il se saisisse lui aussi comme acteur et spectateur de cette histoire. Une histoire occultée, amputée, tronquée. Car comme le dit Achille Mbembe : "le colonialisme c’est l’histoire d’un rapport terrible et violent, où la parole de l’un s’énonce presque toujours à partir de la mise au silence de l’autre, de sa condamnation au bégaiement". Comment ce silence se perpétue-t-il aujourd’hui ?
Tout commence dans le parc de Vincennes. Une partie du parc jusque là fermée au public vient de rouvrir ses portes en 2004. Des vestiges étranges ça et là au milieu des arbres, des petits pavillons aux formes orientalistes. On reconnaît un temple d’inspiration asiatique, puis une stèle funéraire écrite en Arabe, des cabanes en bois, des bambous, des fleurs, des pelouses ou les gens pique-niquent le week-end, et puis le nom aussi est charmant : jardin tropical.
Mais si l’on regarde plus attentivement ces mystérieux pavillons, on découvre des petites légendes sur des petits panneaux verts où l’on apprend qu’ici en 1907 a eu lieu une des premières expositions coloniales françaises.
Ces petits baraquements sortis d’une carte postale n’étaient donc pas seulement des supports pour la décoration florale… ils ont une histoire. Une histoire lourde puisqu’ils ont servit à exhiber des hommes comme on exhibe des bêtes, puisque c’est ici qu’avait été mis en scène un des premiers Zoos humains, qu’ici sont morts des hommes derrière des grilles.
Un personnage est face à cela, dans ce jardin. Nous le filmons et nous lui parlons. Il s’appelle Farouk. Il a vingt ans. Il ne connaît pas cette histoire. Il est entré par hasard dans ce parc…
À débattre. Les zoos humains : rappel historique du processus colonial Mémoire de la colonisation : des traces volontairement effacées ? Comment vivre avec cette mémoire aujourd’hui ? - fiction ou documentaire : rapport complexe entre ces deux genres dans ce film -
L'intervenant. François Mécili (réalisateur), Walid Ben Youssef (producteur).
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