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lhistoire. "Quand j'ai eu quatre ans et demi, ma mère a disparu. Notre famille nous a dit à ma sur et à moi qu'elle était partie travailler à Paris. Un an et demi plus tard, notre grand-mère nous avouait qu'elle était morte d'une opération de l'appendicite.
Par la suite durant notre enfance et notre jeunesse, notre père ne nous parla pas de notre mère, sauf pour nous répéter qu'elle avait été une peintre et une femme extraordinaires. Il avait enfermé ses tableaux dans un placard et rangé les photos dans un tiroir qu'il nous était interdit d'ouvrir. Si j'ai parfois désobéi, je n'ai jamais vraiment manifesté une grande curiosité pour celle qui avait été ma mère et dont je ne reconnaissais même pas le visage sur les photos.
Quand notre père se décida enfin à nous parler de notre mère, ce fut pour nous révéler les circonstances réelles de son décès. Ce secret que mon père avait porté seul pendant 25 ans l'avait empêché de nous raconter sa vie et de nous montrer son uvre. En rompant ce tabou, il nous rendait notre mère. Mais ces mensonges successifs avaient effacé de ma mémoire jusqu'au souvenir de sa disparition. J'ai éprouvé alors la nécessité de reconstruire cette histoire et de retrouver celle qui m'avait été doublement arrachée par la mort et par le secret. Elle était peintre, je suis cinéaste. Faute de souvenirs, ce sont ses tableaux qui peuvent avec le cinéma me conduire jusqu'à elle."
la réalisatrice. Née en 1963 à Rennes, Mariana Otero a étudié le cinéma à lIDHEC (1985-1988) avant de réaliser son premier documentaire en 1987.
"Raconter cette histoire, ce n'était pas seulement raconter le contenu du secret mais faire vivre au spectateur l'expérience singulière de ce secret et de sa révélation.
Je ne voulais pas parler sur le secret, discourir ou expliquer mais créer un récit qui soit l'équivalent cinématographique de ma propre expérience.
Le récit devait ressembler à un puzzle dont les pièces s'accumulent sans trouver leur place définitive, jusqu'au moment de la révélation qui vient le briser et en même temps lui donner tout son sens.
Je voulais qu'au moment où mon père raconte la vérité sur la mort de ma mère, le spectateur soit soumis à la même opération mentale que celle à laquelle est soumis celui à qui l'on révèle un secret : il se voit dans l'obligation de revenir en arrière, de revisiter son histoire, de la reconstruire.
Quand les photos de groupe apparaissent avec ma mère au milieu, on ne sait pas où elle est. Le spectateur la cherche et vit sans le savoir ce que j'ai vécu. L'expérience précède le récit. La construction du film est à cette image."
filmographie sélective.
- 2001 Nous voulons un autre monde / Documentaire - 52' - DV
- 1997 Cette télévision est la vôtre / Documentaire - 60' - Beta SP
- 1994 La loi du collège Feuilleton documentaire - 6 x 28' - Hi8
- 1991 Loin de toi Genre / Documentaire - 8'
- 1991 Non-Lieux co-réalisation avec Alejandra Rojo / Documentaire - 75'
la presse.
Docu sensible de Mariana Otero sur la mort obscure de sa mère (...) Avec délicatesse, Mariana remonte le temps, retrouve les mutismes et les mensonges, installant ses personnages dans des lieux reconstitués, se mettant elle-même en scène, tentant de vaincre son émotion.
Libération - Annick Peigné-Giuly
Le film respire amplement en alternant ces rencontres et l'exploration minutieuse des toiles de Clotilde Otero, scrutées comme si elles pouvaient apporter une réponse au mystère de sa disparition (...) Si bien que le projet apparent d'Histoire d'un secret est mené à bien avec rigueur et force d'émotion.
Le Monde - Thomas Sotinel
l'intervenant. Mariana Otero, réalisatrice.
à débattre. la famille, le secret et le mensonge avortement : lavant et laprès loi Veil filmer lintime : quels partis-pris pour raconter sa propre histoire au cinéma.
le site web du film. www.iddistribution.com/
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