un été au ciné 2003 / cinéville

 
Rachida

>> de Yamina Bachir Chouickh
>> Drame - Sortie : 08/01/03

Algérie – 2002 – 1h40 - Couleur – 1,85 – dolby SR

l’histoire. Alger, pendant les années de terreur. Rachida, une jeune enseignante, se rend au travail sans porter son voile. Elle est violemment prise à partie par une bande de terroristes, dans laquelle se trouve un ancien élève, Sofiane. Ils lui demandent de placer une bombe dans l'école mais elle refuse. Sous l'emprise de la colère, le chef de la bande lui tire une balle dans le ventre. Tous s'enfuient, la laissant se vider de son sang. Rachida s'en sort miraculeusement et décide de se réfugier dans un village pour essayer de reprendre une vie normale...

la réalisatrice. Yamina Bachir-Chouikh fait ses premiers pas dans le cinéma en 1973 au Centre National du Cinéma Algérien, où elle apprend le métier de monteuse grâce à l’assistanat. Elle monte ensuite de nombreux films et documentaires de réalisateurs algériens comme Okacha Touita, Abdelkader Lagta, Mohamed Chouikh, Nouredine Mefti, Ahmed Rachedi, Sid-Ali Fetar...
À ses moments perdus, elle écrit des scénarii. Elle est également scripte sur les films Omar Gatlalo de Merzak Allouache et Vent de sable de Mohamed Lakhdar Hamina.
Dès 1996, Yamina écrit ce qui deviendra Rachida. Le montage financier mettra 5 ans. Rachida est le premier long-métrage de Yamina Bachir-Chouikh.

"Le film est une fiction inspirée de situations de violences vécues au quotidien. Rien n’a été inventé. Ce ne sont pas des faits-divers, mais un drame. Dans la réalité, la jeune institutrice qui a inspiré le personnage de Rachida est morte, la bombe a explosé."
"Quand j’ai commencé à m’intéresser à ce sujet, fin 1996, c’était surtout les villes qui étaient frappées. Il était plus "sécurisant" de vivre dans un village. Puis, la violence s’est déplacée. À travers la micro-société d’un petit village, je pouvais plus précisément entrer dans les personnages. Montrer la peur au quotidien. On ne peut pas imaginer cette terreur si on ne la vit pas. J’ai passé des nuits blanches en allant d’une fenêtre à une autre, pour guetter avec la peur au ventre, en me disant : "à quel moment vont-ils arriver ? Chaque jour est un jour de gagné sur la vie. Le matin, on voit partir ses gosses à l’école en tremblant. Combien d’enfants vont revenir ce soir ?".
Il faut gérer sa peur, la surmonter, ne pas la communiquer pour ne pas en faire une psychose. Et surtout ne pas baisser les bras pour pouvoir continuer à vivre, même au jour le jour, mais continuer à vivre. Quand Rachida est à nouveau terrorisée au village, sa mère lui dit : "Le courage est l’enfant de la peur".

l'intervenant. Nadia Meflah, journaliste et critique, notamment à www.objectif-cinema.com, spécialisée sur le cinéma algérien.

à débattre. Violence et situation politique en Algérie – condition de la femme dans la société algérienne d’aujourd’hui – Faire un premier film libre en Algérie.

le site du film. www.filmsduparadoxe.com

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Scénario : Yamina Bachir-Chouikh
Photo : Mustapha Belmihoub
Son : Rachid Bouaffia, Martin Boisseau
Costumes : Mahmia Aarar
Montage : Yamina Bachir-Chouikh
Musique : Anne-Olga De Pass
Interprètes : Ibtissem Djouadi, Bahia Rachedi, Rachida Messaoui, Zaki Boulenafed, Amel Choukh, Abdelkader Belmokadem, Mohamed Remas

Contact :
Les films du Paradoxe

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Olivier NAHMIAS - KYRNÉA International - Mars 2003 - www.etecine.kyrnea.com