un été au ciné 2003 / cinéville

  Regards sur un cinéaste

Tim Burton (usa)

 Martin Scorsese (usa)

Jim Jarmusch (usa)

Alfred Hitchcock (gb-usa)

Paul Thomas Anderson (et le film choral)

Spike Lee (usa)

 

Introduction Alfred Hitchcock, Martin Scorsese, Paul Thomas Anderson, Tim Burton, Spike Lee, Jim Jarmusch, les super-héros, le devoir de mémoire (historique), les figures de l’immigration dans le cinéma américain ou même, variations autour de la boxe… Autant d'auteurs exigeants et reconnus ou de grands genres cinématographiques cultes aux univers proches des moins cinéphiles.

Déroulement de l'Atelier L'atelier se déclinera en une ou deux journées de découverte selon les envies et les disponibilités des stagiaires. L'atelier se distingue en deux grandes parties:

Une première partie (le matin vers 10h00) est consacrée à la découverte de l’œuvre choisie en mettant en relief son originalité grâce à une mise au point historique et surtout des extraits vidéo. Ensuite, les participants seront mis dans la peau des réalisateurs en leur demandant pourquoi, à leur avis, la caméra a été posée de telle manière, pourquoi un tel cadrage, pourquoi une prédominance de telle couleur, pourquoi un montage aussi atypique ou pourquoi de tels mouvement de caméra ? L’analyse de la mise en scène ou même des influences cinématographiques donnera des clefs pour mieux apprécier la projection du long métrage du soir, en salle.
Pour finir la journée, on se reportera à l’accueil des œuvres en question en lisant et discutant autour d’une revue de presse de critiques ou interviews que les participants pourront conserver afin de continuer leur découverte du monde de l’auteur bien après l’atelier.
Comprendre en quoi le cinéma est un moyen d’expression et pas seulement un spectacle plaisant. Voir chaque film comme un affinement ou une variante autour d’une certaine idée du cinéma. Bref, apprendre à lire un film.
La journée d’analyse des films se termine vers 17h30.

Une seconde partie en début de soirée, est consacrée à une projection en rapport avec l’atelier dans le cinéma local. Les participants de l’atelier aideront à organiser le débat et l’analyse du film, à l’issue du film, en se servant des enseignements de la journée. Ils serviront de relais avec les autres spectateurs.

Une précision (d’importance !) : vu la longueur de la journée (de 10h00-17h30 et de 19h00-22h00) et l’exigence qui sera demandée aux stagiaires, il est préférable qu’ils soient volontaires et bien informés du déroulement de la journée. De plus, ce type d’atelier convient mieux aux plus de 14 ou 15 ans.

L'intervenant Nachiketas Wignesan est journaliste et critique de cinéma depuis de nombreuses années sur de nombreux supports. Il écrit actuellement pour L’Avant-Scène Cinéma et anime une émission de radio sur le cinéma sur Radio Libertaire. Il est également Chargé de cours de Cinéma à l'Université Paris III-Censier-La Sorbonne-Nouvelle. Par ailleurs il écrit des scénarios.

>> Tim Burton
>> - Sleepy Hollow (1999, Pathé) (int.-12 ans)

(usa)

le réalisateur. L’œuvre de Tim Burton tend vers un univers gothique. Pourtant, ses films sont ancrés entre les années 50-80. Sleepy Hollow, conte de fées horrifique, qui se déroule pour la première fois dans la Nouvelle Angleterre de 1799 représente donc un aboutissement logique, l’occasion rêvée d’explorer librement une époque que Burton instille dans chacun de ses films. Or, Sleepy Hollow, s’avère être son film le plus contemporain ! C’est une relecture de toute sa carrière. Une remise en compte fructueuse du parcours de l’artiste, pris entre la tentation de rendre hommage aux films qui l’ont marqué enfant : les films anglais de la Hammer et les séries B ou Z comme les aimait Ed Wood, les films japonais fantastiques (Godzilla…) ou les giallos italiens. Nous explorerons son envie dévorante de créer une oeuvre originale au sein d’Hollywood –et donc de pervertir la machine à rêves.

la filmographie. Pee Wee Big Adventure /Beetlejuice /Batman /Edward aux mains d’argent /Batman, le défi /Ed Wood / Mars Attacks ! / Sleepy Hollow / La Planète des singes

recommandé par

>> Jim Jarmusch
>>
- Ghost Dog (1999)

(usa)

le réalisateur. Ghost Dog, la Voie du Samouraï mixe trois composantes que tout éloigne : la Mafia italo-américaine, l’univers black du hip-hop et enfin le monde introspectif du samouraï. Jarmusch sample littéralement ces sources hétéroclites pour nous livrer un remix jubilatoire de son oeuvre où, comme toujours, un héros improbable traverse un monde insensé. Ghost Dog, est un film noir atypique qui succède à Dead Man, un western contemplatif. Malgré tout ce qui oppose ces genres, le dernier film de Jim Jarmusch porte encore des traces fantomatiques de western… D’ailleurs, les titres des deux dernières fictions de Jarmusch n’invitent-ils pas à la filiation ? On termine l’un avec un mort pour débuter l’autre avec un fantôme… Ghost Dog s’annonce donc comme une fusion des genres, des influences, des tons, mais plus intéressant : des formes. Autant Dead Man était un film rock, autant Ghost Dog est un film structurellement rap. Jarmusch travaille la musicalité du montage en exploitant un rythme lancinant –souvent au détriment de la narration. Ce qui semble donc importer c’est l’impression qui en ressort : la mort en mouvement, en action, accompagnant inéluctablement le spectateur. Cette gageure est rendue crédible par l’interaction des plans entre eux, comme les échos d’une mélodie…

la filmographie. Permanent Vacation / Stranger than Paradise /Down by Law / Mystery Train / Une Nuit sur Terre / Dead Man / Year of the Horse / Ghost Dog

recommandé par

>> Steven Soderbergh
>> - Traffic (2001, Bac Distribution) ou
>> - Solaris (2002)

(usa)

recommandé par

le réalisateur. Les récents succès de Steven Soderbergh aux oscars ont fait oublier que ce cinéaste fut le plus jeune réalisateur à recevoir la Palme d'Or en 1989 avec Sexe, mensonges et vidéo. Il devint alors un des fers de lance du cinéma indépendant américain. Le poids de cette lourde responsabilité l'entraîna dans des excès et des impasses cinématographiques… En fait, après de multiples revers commerciaux, et s'être mis la critique à dos, il lui a été nécessaire pour continuer à tourner, de voguer depuis les années 90 dans un juste milieu entre films de commande hollywoodiens et films personnels. Sa mise en scène est restée la même, seuls les sujets diffèrent de ses premiers opus. Avec Traffic, Soderbergh propose une vision globale du problème de la drogue en mélangeant trois histoires intimement liées. Réalisateur, cadreur, chef opérateur, scénariste, il propose un intrigant modèle d'étude pour cinéphiles amateurs : Solaris, remake de l’œuvre métaphysique de Tarkovski en est la preuve.

la filmographie. Sexe, mensonges et vidéo/ Kafka / King of the Hill / Schizopolis / A Fleur de peau/ Hors d'atteinte/ L'Anglais/ Erin Brokovich / Traffic / Ocean Eleven / Full Frontal / Solaris

>> Spike Lee
>> - The Very Black Show (Bamboozled-2000) ou
>> - La 25ème Heure (2003)

(usa)

recommandé par

le réalisateur. Do The Right Thing, le chef d’œuvre explosif de Spike Lee, comme ses films suivants véhicule un "message" politique. Il revendique simplement une place pour la communauté noire à l’écran en dehors des habituels rôles de faire-valoir. Depuis les années 80, Spike Lee est le plus tonitruant des porte-paroles de la communauté noire américaine en osant donner une image cinématographique alternative (et donc effrayante) au jeune afro-américain… Sa riche filmographie (il tourne un film par an) déçoit régulièrement la critique qui l’a porté aux nues dès ses premiers essais. Il est capable du meilleur comme du pire et c’est sans doute cela qui le rend intéressant. Mais n’est-ce pas parce qu’il ose prendre des risques artistiques, passer d’un genre à l’autre, certain que le message est plus important que le médium.
Ses derniers films lui permettent de se réconcilier avec la critique et le public.

la filmographie. Nola Darling n’en fait qu’à sa tête / School Daze / Do the Right Thing / Mo’ Better Blues / Jungle Fever / Malcolm X / Crooklyn / Clockers / Girl 6 / Get on the Bus / He Got Game / Summer of Sam / Very Black Show / La 25ème Heure


>> Martin Scorsese
>> - Gangs of New-York (2002) ou
>> - Mean Streets

(usa)

recommandé par

le réalisateur. Martin Scorsese est un touche à tout de génie : court-métrages, documentaires (ItalianAmerican, Voyage dans le cinéma américain), comédie musicale (New-York New-York), film de truands (Les Affranchis, Casino), films historique (Le temps de l’innocence, Gangs of New-York), film biblique (La dernière tentation du Christ), film philosophique (Kundun), film noir (Cape Fear), comédie noire (After Hours, La Valse des pantins), chronique sportive (Raging Bull), drame (Alice n’est plus ici), drame psychologique (Taxi Driver)… Pourtant il existe un style et une virtuosité typiquement scorsesienne !
De même, assez paradoxalement, toutes les histoires que Scorsese choisit de porter à l’écran peuvent se résumer au passage du personnage principal, souvent un looser (un perdant), de la normalité à l’anormalité - voire à la folie.
Le visionnement d’extraits de son œuvre devraient nous le prouver…

la filmographie.

>> Alfred Hitchcock
>> - Sueurs Froides (1958) ou
>> - La Mort aux trousses

(gb-usa)

recommandé par

le réalisateur. Alfred Hitchcock aime autant torturer ses spectateurs que ses personnages. Jouer avec nos nerfs, nous mener dans des impasses grâce à des fausses pistes qu’il élabore avec plaisir, nous frustrer en nous clouant à nos fauteuils, nous faire haleter pour des personnages qui ne sont pas conscients du danger qui les attend, nous terroriser du meurtre qui se déroule sous nos yeux… Et pourtant, c’est ce que les spectateurs recherchent et aiment dans son cinéma. On se délecte d’y jouer à avoir peur et de s’y confronter à la Mort ! Ses films sont des mécaniques qui nous avalent (le temps du film) et nous recrachent meilleurs : heureux de la normalité de nos pauvres vies !
Hitchcock sait créer une connivence avec ses spectateurs qui pensent se mettre à la place du réalisateur… mais c’est là qu’ils se trompent.
Nous feuilletterons la carrière anglaise et américaine d’Alfred Hitchcock afin de repérer ce qui fait le cœur de la mise en scène "hitchcockienne".

extraits de la filmographie. L’Homme qui en savait trop / Les Trente-neuf marches / Une Femme disparaît / L’ombre d’un doute / La Corde / L’Inconnu du nord-Express / Le Crime était presque parfait / Fenêtre sur cour / Sueurs froides / La Mort aux trousses / Psychose / Les Oiseaux…

>> Paul Thomas Anderson (et le film choral)
>> - Punch Drunk Love (2002)

(gb-usa)

le réalisateur. Né avec Intolérance (1916), le film à narrations multiples dévoile bien son intérêt principal pour le stagiaire : l'étude du montage et son imbrication de réalités disparates. Ce genre trouve le moyen de parler du monde en mêlant quelques destins opposés. Chaque spectateur se retrouve dans le film qui devient un reflet de la vie. Nous étudierons également les liens étroits que le cinéma choral entretient avec les séries télévisées et principalement les soap operas.
Paul Thomas Anderson semble avoir le mieux intégré cette manière de raconter une histoire avec les flamboyants Hard Eight, Boogie Nights, Magnolia et Punch Drunk Love. Individuellement ses histoires n’ont pas grand intérêt mais mises en parallèle, elles narrent une histoire insoupçonnable et hautement symbolique. En fait, tous les personnages n’en font qu’un seul et c’est la mise en scène qui contribue à nous y faire croire.

analyse de films (choraux) tels que : Intolérance (Griffith) / Short Cuts (Altman) / Pulp Fiction et Reservoir Dogs (Tarantino) / Boogie Nights et Magnolia (Anderson) / Time Code…

recommandé par

Contact : Nachiketas Wignesan

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Olivier NAHMIAS - KYRNÉA International - Mars 2003 - www.etecine.kyrnea.com