cinéville / un été au ciné  2002

>> Deux ateliers de lecture d'images proposés par Jean-Marc Génuite, Critique et universitaire

>> - L'enfant et le soldat de Seyyed Reza Mir-Karim -ou
>> - La squale de Fabrice Genestal

1. L’enfant dans le cinéma iranien (film du soir au choix)
À la fin des années 80, les réalisations Iraniennes ont commencé à êtres projetés sur les écrans français, avant d’acquérir une certaine notoriété tout au long des années 90.
Au cœur d’une production cinématographique dont les scénarii demeurent très ténus et dont les intrigues puisent dans le quotidien des classes défavorisées, des anonymes, l’enfant occupe une place prépondérante.
La jeunesse de la population, l’existence d’une cellule de production cinématographique au sein du fameux Institut pour le développement Intellectuel des Enfants et des Jeunes Adultes sont autant d’éléments que l’on peut avancer pour expliquer ce phénomène.
Dans les récits dont l’enfant est le héros, la quête s’impose comme un thème récurrent (Où est la maison de mon ami ?, Les Bottes Rouges, Le Ballon Blanc), le support d’une échappée hors du cadre des contraintes familiales et sociales. C’est dire si les films Iraniens sur l’Enfance ne s’adressent pas exclusivement à un public d’enfants, mais constituent un cinéma qui se propose d’explorer les désirs contrariés par les valeurs d’une société autoritaire et répressive. Les quêtes multiples s’offrent comme autant d’occasions de conquérir des pans de liberté. C’est tout le sujet du Passager, d’Abbas Kiarostami.
Ouvrant sur des voyages initiatiques, la quête devient l’occasion pour les cinéastes de mener le spectateur à la rencontre des réalités quotidiennes de l’Iran et ce à travers le regard de l’enfant.
D’autres réalisations (L’Enfant et le soldat, Le Père, ou encore Don) explorent les blessures identitaires des enfants, leur solitude ainsi que leurs états d’abandons.
Enfin, n’oublions pas les récits édifiants d’un Majid Majidi (La Couleur du Paradis, Les Enfants du Ciel) qui imposent la figure de l’enfant guide et martyr.

Un film parmi d’autres :

L’enfant et le soldat de Seyyed Reza Mir-Karim
Durant la guerre de Bosnie, en 1993, Ciki et Nino, deux soldats ennemis, l'un Bosniaque et l'autre Serbe, échouent dans un No man's land. Pendant que les deux hommes essaient de trouver une solution à leur problème, un Casque Bleu français tente de les aider, allant à l'encontre des ordres de ses supérieurs.
Les médias s'en mêlent, transformant un simple fait divers en un show médiatique international. Alors que le statu quo génère une tension grandissante entre les belligérants, Nino et Ciki s'efforcent tant bien que mal de négocier le prix de leur vie au cœur des atrocités de la guerre.
Distribué par Océan films, 01 56 62 30 30

2. La Banlieue dans le cinéma français des années 90 (film du soir au choix)
AAppartenant au cinéma de genre, le "film de banlieue" s’installe au cœur de la production cinématographique française des années 90, dans un contexte social où les "violences urbaines" qui agitent les cités font souvent les "unes" des quotidiens de la presse écrite et des actualités télévisées.
On se demandera quelles images renvoie le cinéma français de ce territoire urbain dont le décor avec ses Tours et ses Barres construites dans le courant des années 60 à la périphérie des villes reste perçu de nos jours comme un ailleurs très lointain, celui des communautés immigrées et des classes les plus pauvres. On s’interrogera sur le sens véhiculé par de telles images.
L’approche des œuvres sera à la fois thématique et formelle, pour tenter de répondre à ces questions. Cet atelier ne prétend à aucune exhaustivité sur les "films de banlieues". Il s’agira plutôt à partir d’un corpus restreint (La Haine, Etats des Lieux, Ma 6T va cracker, Hexagone, La Squale, Petits Frères), d’envisager quelques pistes de réflexions permettant de mieux appréhender le décryptage de l’image construite de cet univers urbain.
Malgré la singularité de chaque production, l’exploration thématique du genre permet en effet de repérer quelques thèmes récurrents : l’importance de la bande, les rapports conflictuels hommes/femmes, les enjeux liés à la parole, la figure de l’immigré.

Un film parmi d’autres :

La Squale de Fabrice Genestal
Desiree, surnommée la "Squale", vit dans le culte du père qu'elle n'a jamais connu, Souleymane, le caïd légendaire de la cité. Lorsqu'elle croise le regard de Toussaint, un chef de bande auteur d'un viol collectif, elle n'a de cesse de le séduire. Mais le lascar n'a d'yeux que pour Yasmine, une fille discrète et timide, cloîtrée a la maison par ses frères. Désirée, a force d'acharnement, parviendra pourtant à le conquérir. Veine gloire, car Toussaint, violeur impénitent et pourchasse, l'abandonne et la trahit. Désespérée, Désirée découvre la vérité sur son origine.


Contact : Olivier Nahmias
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Tél : 01 48 43 80 78 / Fax : 01 48 43 80 51

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Olivier NAHMIAS - KYRNÉA International - Avril 2002 - www.etecine.kyrnea.com