cinéville / un été au ciné  2002
   
Regards sur un cinéaste

Tim Burton (usa)

 

Ethan & Joël Cohen (usa)

 

Jim Jarmusch (usa)

 

David Fincher (usa)

Brian De Palma (usa)

   
Regards sur un genre

Atelier autour du film choral (Paul Thomas Anderson)

 

Atelier cinéma fantastique et science-fiction (M. Night Shyamalan)

Atelier autour du "néo-polar" (Johnnie To)

Introduction Alfred Hitchcock, Martin Scorsese, Paul Thomas Anderson, Tim Burton, Spike Lee, Jim Jarmusch, les super-héros, le devoir de mémoire (historique), les figures de l’immigration dans le cinéma américain ou même, variations autour de la boxe… Autant d'auteurs exigeants et reconnus ou de grands genres cinématographiques cultes aux univers proches des moins cinéphiles.

Déroulement de l'Atelier L'atelier se déclinera en une ou deux journées de découverte selon les envies et les disponibilités des stagiaires. L'atelier se distingue en deux grandes parties:

Une première partie (le matin vers 10h00) est consacrée à la découverte de l’œuvre choisie en mettant en relief son originalité grâce à une mise au point historique et surtout des extraits vidéo. Ensuite, les participants seront mis dans la peau des réalisateurs en leur demandant pourquoi, à leur avis, la caméra a été posée de telle manière, pourquoi un tel cadrage, pourquoi une prédominance de telle couleur, pourquoi un montage aussi atypique ou pourquoi de tels mouvement de caméra ? L’analyse de la mise en scène ou même des influences cinématographiques donnera des clefs pour mieux apprécier la projection du long métrage du soir, en salle.
Pour finir la journée, on se reportera à l’accueil des œuvres en question en lisant et discutant autour d’une revue de presse de critiques ou interviews que les participants pourront conserver afin de continuer leur découverte du monde de l’auteur bien après l’atelier.
Comprendre en quoi le cinéma est un moyen d’expression et pas seulement un spectacle plaisant. Voir chaque film comme un affinement ou une variante autour d’une certaine idée du cinéma. Bref, apprendre à lire un film.
La journée d’analyse des films se termine vers 17h30.

Une seconde partie en début de soirée, est consacrée à une projection en rapport avec l’atelier dans le cinéma local. Les participants de l’atelier aideront à organiser le débat et l’analyse du film, à l’issue du film, en se servant des enseignements de la journée. Ils serviront de relais avec les autres spectateurs.

Une précision (d’importance !) : vu la longueur de la journée (de 10h00-17h30 et de 19h00-22h00) et l’exigence qui sera demandée aux stagiaires, il est préférable qu’ils soient volontaires et bien informés du déroulement de la journée. De plus, ce type d’atelier convient mieux aux plus de 14 ou 15 ans.

L'intervenant Nachiketas Wignesan est journaliste et critique de cinéma depuis de nombreuses années sur de nombreux supports. Il écrit actuellement pour L’Avant-Scène Cinéma et anime une émission de radio sur le cinéma sur Radio Libertaire. Il est également Chargé de cours de Cinéma à l'Université Paris III-Censier-La Sorbonne-Nouvelle. Par ailleurs il écrit des scénarios.

>> Tim Burton
>> - Sleepy Hollow
(1999, Pathé) (int.-12 ans) ou
>> - La planète des singes
(2001)

(usa)

 

le réalisateur. L’oeuvre de Tim Burton tend, dès ses débuts, vers un univers gothique. Pourtant, ses films sont ancrés entre les années 50 et un présent mouvant. Sleepy Hollow, conte de fées horrifique, qui se déroule pour la première fois dans la Nouvelle Angleterre de 1799 représente donc un aboutissement logique, l’occasion rêvée d’explorer librement une époque que Burton instille dans chacun de ses films. Or, son dernier opus, s’avère être son film le plus contemporain… Sleepy Hollow, l’avant-dernière oeuvre de Tim Burton est, en effet, une relecture de toute sa carrière. Une remise en compte fructueuse du parcours de l’artiste, pris entre la tentation de rendre hommage aux films qui l’ont marqué enfant (les films de la Hammer et les giallos italiens) et son envie dévorante de créer une oeuvre originale au sein d’Hollywood –et donc de pervertir la machine à rêves.

la filmographie. Pee Wee Big Adventure / Beetlejuice / Batman / Edward aux mains d’argent / Batman, le défi / Ed Wood / Mars Attacks !


>> Ethan & Joel Coen
>> - O Brother
(2000, Bac Distribution) ou
>> - Sang pour sang
- new edition (2000)

(usa)

 

les réalisateurs. Est-ce parce que leurs films sont réalisés à deux (réalisation pour l'un et scénario pour l'autre), chacune des œuvres des frères Coen se situe entre deux univers, deux genres opposés… Plutôt que de simples hommages aux grands genres cinématographiques américains, les Coen tentent simplement de les remettre au goût du jour -mâtinés de second degré et de distanciation critique. La vie est évidemment plus absurde et aléatoire que ce que le cinéma classique américain peut nous montrer… Les frères cinéphiles et cinéphages ont renouvelé bon nombre de genres: le thriller (Sang pour sang, Fargo), le road-movie (Raising Arizona), le film noir (Miller's Crossing), le film psychologique (Barton's Fink), le burlesque parodique (Le Grand saut), le film musical et le film d'évasion (O Brother)… Leur cinéma oscille entre rire et terreur et leur mise en scène se veut un miroir à peine déformant du monde absurde qui nous entoure.

la filmographie. Sang pour sang / Raising Arizona / Miller's Crossing / Barton's Fink / Le Grand saut / Fargo / O Brother / The Barber


>> Jim Jarmusch
>> - Ghost Dog
(1999) ou
>> - Dead Man

(usa)

 

le réalisateur. Ghost Dog, la Voie du Samouraï mixe trois composantes que tout éloigne : la Mafia italo-américaine, l’univers black du hip-hop et enfin le monde introspectif du samouraï. Jarmusch sample littéralement ces sources hétéroclites pour nous livrer un remix jubilatoire de son oeuvre où, comme toujours, un héros improbable traverse un monde insensé. Ghost Dog, est un film noir atypique qui succède à Dead Man, un western contemplatif. Malgré tout ce qui oppose ces genres, le dernier film de Jim Jarmusch porte encore des traces fantomatiques de western… D’ailleurs, les titres des deux dernières fictions de Jarmusch n’invitent-ils pas à la filiation ? On termine l’un avec un mort pour débuter l’autre avec un fantôme… Ghost Dog s’annonce donc comme une fusion des genres, des influences, des tons, mais plus intéressant : des formes. Autant Dead Man était un film rock, autant Ghost Dog est un film structurellement rap. Jarmusch travaille la musicalité du montage en exploitant un rythme lancinant –souvent au détriment de la narration. Ce qui semble donc importer c’est l’impression qui en ressort : la mort en mouvement, en action, accompagnant inéluctablement le spectateur. Cette gageure est rendue crédible par l’interaction des plans entre eux, comme les échos d’une mélodie…

la filmographie. Permanent Vacation /Stranger than Paradise /Down by Law /Mystery Train /Une nuit sur Terre/Dead Man / Year of the Horse


>> David Fincher
>> - Panic Room (2002) ou
>> - Fight Club
(1999)

(usa)

  

le réalisateur. Cinéaste iconoclaste venu de la publicité et du vidéoclip, David Fincher semble à première vue s’intéresser plus à la l’image qu’aux histoires. Rien de plus faux… En fait, sa mise en scène raconte une histoire à elle toute seule. Ce qui intéresse David Fincher c’est jouer avec les faux-semblants, les illusions, les simulacres et les visions obsédantes. Ainsi, malgré des genres différents abordés dans chacun de ses films, il raconte toujours la même histoire : tromper et manipuler ses spectateurs. Il teste nos limites personnelles.
C’est des obsessions de la société américaine qu’il traite dans ses films…

la filmographie. Alien 3 /The Game /Se7en /Fight Club / Panic Room


>> Brian De Palma
>> - Femme fatale
(2002)
>> - Blow Out

(usa)

 

le réalisateur. Brian DePalma fait partie du "groupe des barbus" (Scorsese, Lucas, Spielberg et Coppola), des amis cinéastes débutants qui dès les années 70 insufflèrent un nouveau souffle au cinéma américain. Des cinéastes indépendants au sein d’Hollywood…
Cela fait donc plus de 30 années que Brian DePalma réalise des chefs d’œuvres cultes passés inaperçus (commercialement parlant) comme Sœurs de Sang ou des blockbusters comme Mission : Impossible. Les deux sont autant personnels, l’un comme l’autre. Mais cela fait peu qu’il a droit à une reconnaissance critique –essentiellement en Europe et non aux USA. Il a touché à presque tous les genres avec des succès divers mais à chaque fois il a renouvelé ces genres. Il a toujours rajouté une dose fantastique ou surnaturelle aux films qu’il élaborait. Ainsi il est surtout connu pour avoir modernisé et rendu ultra-violente l’ouvre d’Alfred Hitchcock dont il a tout appris…
Ses films sont à voir et surtout à revoir. C’est sans doute pourquoi son œuvre est enfin étudiée à l’université et une des meilleures façons d’apprendre à analyser le cinéma. Quentin Tarantino n’a-t-il pas dit qu’il a tout appris des mystères du cinéma dans son Blow Out ?

la filmographie (partielle). Sœurs de sang /Phantom of the Paradise/ Obsession / Carrie / Pulsions/ Blow Out / Bodyn Double / Outrages / L’impasse / Mission Impossible / Snake Eyes / Mission to Mars / Femme Fatale


>> Atelier autour du "film choral"
>> (ou à plusieurs voix)

>> - Magnolia de Paul Thomas Anderson

 
 

(usa)

Né avec D.W. Griffith (Intolérance), le film à narrations multiples dévoile bien son intérêt principal pour le stagiaire : l'étude du montage et son imbrication de blocs de réalité disparates. Pourtant ce genre n'a connu ses lettres de noblesse et son acceptation par le grand public que grâce au cinéma de Robert Altman (M*A*S*H, Short Cuts et dernièrement Gosford Park…) qui y trouve le moyen de parler de l'humanité entière en mêlant quelques destins opposés. Chaque spectateur se retrouve dans le film qui devient un reflet de la vie. Nous étudierons également les liens étroits que le cinéma choral entretient avec les séries télévisées et principalement les soap operas.
Le réalisateur qui semble avoir le mieux intégré cette manière de raconter une histoire avec les flamboyants Boogie Nights et Magnolia est aujourd’hui Paul Thomas Anderson. Individuellement ses histoires n’ont pas grand intérêt mais mises en parallèle, elles narrent une histoire insoupçonnable. En fait, tous les personnages n’en font qu’un seul et c’est la mise en scène qui contribue à nous y faire croire.

Analyse de films, dits choraux, tel que Short Cuts, Pulp Fiction, Reservoir Dogs, Boogie Nights, Time Code et bien sûr Magnolia. (cette journée peut se faire uniquement en vidéo)

>> Atelier cinéma fantastique
>> et science-fiction

>> - Incassable de M. Night Shyamalan
>> - Sixième sens de M. Night Shyamalan

 
 
(usa)
(usa)

Dès ses origines, le cinématographe a flirté avec le genre fantastique et de science-fiction. Le cinéma est par essence le vecteur de l'impossible et de l'inimaginable. Des bandes de Méliès à X-Men, le cinéma a toujours produit des films de cette nature alors que les autres genres connaissent des hauts et des bas et disparaissent parfois comme le western… Nous étudierons donc des extraits de films classiques du genre tels que Planète Interdite, La Féline, La Planète des singes, Blade Runner, La Guerre des étoiles, Dune, Alien, La Chose de John Carpenter, Star Trek, Matrix… ou l’excellent X-Men de Bryan Singer. Leurs analyses filmiques révèleront des interprétations symboliques et des reflets à peine déformés des angoisses de leurs époques de production.
Ensuite, nous nous arrêterons sur l’œuvre d’un jeune cinéaste américain, M. Night Shyamalan qui a marqué en moins de 2 années le renouveau d’un genre qui commençait à se faire rare au cinéma de qualité. Sixième Sens et Incassable mêlent les genres en ancrant le fantastique dans la réalité. Les films jouent avec nos divers degrés de perception de la réalité pour enfin comprendre qu’il existe plusieurs niveaux de réalité comme de compréhension d’un film.

>> Atelier autour du néo-polar (entre Hong-Kong et les USA)
>> - The Mission de Johnnie To

 
 
(Hong-Kong)

Retour aux origines, dilemme entre le Bien et le Mal, amitié et la trahison, acceptation de sa famille, respect du chef… Le "néo-polar" s’est bâti sur les cendres d’une énorme production de classiques… Cependant, depuis les années 90, ce genre un peu ancien, s’est enrichi du cynisme issu de l’air du temps. Le héros n’est plus aussi différent du mauvais. De même, le polar s’est inspiré des autres genres cinématographiques. Ainsi, The Mission de Johnnie To s’inspire essentiellement du cinéma de Sergio Leone et en particulier de ses western spaghetti… Les scènes de fusillades s’y éternisent tant qu’elles deviennent autre chose : des moments de méditation !
D’autre part le cinéma occidental policier ou de gangsters s’est inspiré des films de sabre chinois…
Qui désormais inspire l’autre ?

Films étudiés en vidéo : The Killer (John Woo), Memento (Nolan), Amours Chiennes (Inarritu), Usual Suspects (Synger),Seven (Fincher), Pulp Fiction et Jackie Brown de Quentin Tarantino
 >> toute la liste 2002
Olivier NAHMIAS - KYRNÉA International - Avril 2002 - www.etecine.kyrnea.com