cinéville / un été au ciné  2002

>> À partir du film… Ateliers thématiques autour du cinéma

>> - No Man’s Land de Danis Tanovic -ou
>> - Ali de Michael Mann -ou
>> - Swing de Tony Gatlif

Introduction. Prendre le cinéma comme base et traiter des sujets de société, c’est l’objectif de ces 3 ateliers thématiques proposés par Denis Asfaux, Cinéphile et Intervenant sur les dispositifs Collège et Lycée au Cinéma.

1. Warriors / No man’s land : le cinéma en guerre
Auréolé d'un Oscar du meilleur film étranger, No Man's Land du bosniaque Danis Tanovic ne vise pas à dénoncer l'horreur du conflit yougoslave. Abordé du point de vue des victimes, il cultive l'humour noir et l'esprit satirique (cf. Robert Altman, Stanley Kubrick) pour en démontrer l'absurdité, et démonter toute une chaîne d'interventions (impuissance pathétique des casques bleus, cynisme absolu des médias ou des autorités militaires). Les masques de la neutralité bienveillante occidentale tombent l'un après l'autre pour laisser voir une stratégie de l'indifférence bien calculée.
La guerre (celle des autres, bien sûr) est renvoyée à son statut de petit théâtre spectaculaire. Le spectacle de la guerre fascine bien évidemment le cinéma et c'est tout à l'honneur de Peter Kosminski (Warriors - téléfilm produit par la BBC) d'avoir su trouver la distance qui oblige les pays occidentaux à s'interroger sur l'ambiguïté traumatisante de leurs propres engagements.

L’atelier : rapprocher ces deux films permettrait ainsi d'étudier le rôle des casques bleus et des médias dans les conflits actuels, tout en se réservant la possibilité d'étendre à d'autres extraits vidéo la question de l'engagement du cinéaste : il s'agit moins de choisir un camp (manichéisme) que de tenter de transmettre au plus juste l'expérience de ceux qui sont dans la guerre.

No Man’s Land de Danis Tanovic
Durant la guerre de Bosnie, en 1993, Ciki et Nino, deux soldats ennemis, l'un Bosniaque et l'autre Serbe, échouent dans un No man's land. Pendant que les deux hommes essaient de trouver une solution à leur problème, un Casque Bleu français tente de les aider, allant à l'encontre des ordres de ses supérieurs.
Les médias s'en mêlent, transformant un simple fait divers en un show médiatique international. Alors que le statu quo génère une tension grandissante entre les belligérants, Nino et Ciki s'efforcent tant bien que mal de négocier le prix de leur vie au cœur des atrocités de la guerre.
Distribué par Océan films, 01 56 62 30 30



2. Mohamad Ali : entre fiction et documentaire
Après Mohammed Ali the Greatest (1975), le prodigieux et virevoltant documentaire artisanal de William Klein, et les milliers de mètres de pellicule tournés par Léon Gast à Kinshasa pour le plus grand combat de boxe du siècle accompagné d'un concert de James Brown, qui aboutirent à When We Were Kings (sortie très remarquée en 1997), le genre documentaire (une fois n'est pas coutume) semblait avoir par deux fois muselé le cinéma de fiction pour rendre compte d'un destin hors du commun, celui, sportif et politique, de Mohammed Ali. C’était sans compter avec l'ambition de Michael Mann (Heat, Revelations), transformant de fond en comble un scénario hollywoodien laissé dans les tiroirs depuis 1988.
"À l'origine, je ne pensais pas qu'il était possible de réaliser un tel film, explique Michael Mann. Je n'ai aucune prédilection pour le cinéma documentaire et il m'a donc fallu trouver une ligne directrice qui alliait la vérité du personnage avec mon désir de fiction. Je me suis concentré exclusivement sur dix années de la vie du champion : de 1964 à 1974, du premier titre mondial à son ultime reconquête. Le scénario était très compliqué à écrire : l'histoire d'Ali, durant cette période, croise celle de l'Amérique. Il fallait rendre compte de ce bouillonnement tout en demeurant focalisé sur le point de vue subjectif du personnage."

L’atelier : la comparaison des deux documentaires permettra sans nul doute de mesurer la difficulté du projet fiction de Michael Mann, confronté à une personnalité vivante et à des évènements réels filmés en leur temps sous toutes les coutures. Où s'arrête le réel ? Comment faire oublier les images existantes ? Faut-il tout réinventer ?
Le combat contre Foreman, le chaos de l'Afrique, la construction des récits, les enjeux politiques, la représentation d'Ali dont l'intelligence, le charisme, le génie poétique, l'art de l'esquive et le phrasé défient et utilisent à chaque instant le pouvoir médiatique : la comparaison de ces trois œuvres peut apporter un éclairage intéressant sur les facultés respectives du documentaire et de la fiction à représenter un acteur majeur du XX ème siècle.

Ali de Michael Mann
En faisant preuve de détermination, d'endurance physique, d'agressivité et d'intelligence, Muhammad Ali est devenu une légende vivante de la boxe américaine. Belinda, son épouse, Angelo Dundee, son entraîneur, Drew Brown, son conseiller, Howard Bingham, son photographe et biographe, et Ferdie Pacheco, son docteur, ont été les témoins privilégiés de sa carrière à la fois brillante et mouvementée que ce soit sur ou en dehors du ring.
L'ascension de Cassius Clay Jr. parmi les grands de la boxe débute en 1960, année durant laquelle il remporte une médaille d'or aux Jeux Olympiques. Débordant d'ambition, il passe professionnel et vise le titre mondial. Ses chances de gagner contre Sonny Liston, le tenant du titre, sont toutefois maigres. En effet, ce dernier n'a jamais perdu un combat.
Distribué par Bac distribution : 01 53 53 52 5



3. Swing : musique et cinéma
La présence sur les écrans de Swing (Tony Gatlif) réactive une nouvelle fois, dans la joie et la bonne humeur, l'importance de l'expression musicale dans la culture tsigane. La musique comme pulsion vitale, métissage culturel, lien communautaire, langage universel... Après le grand voyage musique et danse de Latcho drom ou encore la quête initiatique d'un jeune homme en Roumanie avec Gadjo Dilo, le cinéma de Tony Gatlif rend un hommage vibrant et riche de contrastes à la communauté tsigane, dont l'art de vivre prend alors un caractère exemplaire qui échappe au simple folklore.
Plus largement, ce rayonnement culturel via les musiques festives et/ou virtuoses d'un peuple (voir aussi Kusturica - le temps des Gitans, Chat noir chat blanc, Underground...) peut être une excellente entrée en matière pour illustrer avec de nombreux extraits vidéo la thématique musique et cinéma. Les entrées sont infinies (airs célèbres, films musicaux, B.O.F à succès, musique comme sujet du film, richesse des relations images/sons... cf. l'excellent ouvrage de Michel Chion : La Musique au cinéma).
La musique offre une façon ludique d'aborder si on le souhaite les grandes questions du langage cinématographique (champ/Hors champ, manipulation du spectateur, fonction dramatique de la musique... etc.).

L’atelier : l'atelier peut ainsi permettre de plonger dans l'univers d'un cinéaste, et rebondir allègrement par le jeu des influences (ex : Kusturica-Fellini-Jean Vigo- Casablanca de Michael Curtis...), des complicités cinéastes-compositeur (tandem Hitchcock-Herrmann...), ou des communautés virtuelles (ex : l'art du recyclage chez Kusturica et Tarentino)...

Swing de Tony Gatliff
Max, un garçon de dix ans, se découvre une passion pour le jazz manouche. En vacances chez sa grand-mère, il se rend dans le quartier des gitans pour faire l'acquisition d'une guitare.
Le temps d'un été, Max fera, auprès de Miraldo, un musicien virtuose, l'apprentissage de la musique et de la culture manouche. Par ailleurs, il connaîtra ses premiers émois amoureux aux côtés de l'énigmatique Swing, une fille de son âge.
Distribué par Pyramide : 01 42 96 01 10



Contact : Olivier Nahmias
Kyrnéa International 11 rue Gambetta 93500 Pantin
Tél : 01 48 43 80 78 / Fax : 01 48 43 80 51

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Olivier NAHMIAS - KYRNÉA International - Avril 2002 - www.etecine.kyrnea.com